mercredi 25 mars 2009

Vendetta morbide : une nouvelle série de pnjs pour Imputrescibles

Hop, quelques pnjs dont l'histoire se mêlent inextricablement... ça va mal finir cette histoire...


Bonne lecture.

Franck Lewis, Mike Morrison, Philip O'Connor, Eddie Winter, et Joel Kitning étaient tous des policiers. Tous étaient des agents de la loi et de l'ordre. Tous ont traqué et arrêté d'innombrables criminels de Chicago mais tous ont également trempés dans de sombres affaires pour arrondir leur maigre solde.
Et pour s'être laissés corrompre, pour avoir mis le bras armé de la justice au service de Billy Jones, aujourd'hui Franck Lewis, Mike Morrison, Eddie Winter, et Joel Kitning sont des morts en sursis, des morts qui s'ignorent encore.
Philip O'Connor, lui, l'a compris... quelques minutes avant de rendre l'âme, le corps meurtri de barbelés et lentement décapité par le poignard d'un homme que lui et ses collègues avaient eux-même exécuté trois mois auparavant...


Joel Kitning est le plus gradé de ses camarades, il est inspecteur alors que Eddie Winter n'est que lieutenant et que les autres se contentent du grade de sergent. Il est également le plus âgé du haut de ses 36 ans. C'est un homme froid, amer d'avoir dû abandonner ses illusions de jeunesse pour servir un gangster comme Billy Jones, mais, pour soigner son épouse gravement malade, il lui fallait de l'argent et sa solde ne suffisait plus. Il a donc fini par se laisser corrompre et par accepter de menus forfaits au départ, mais lorsque les soins ont augmenté, il a été contraint d'accepter des tâches bien plus immorales comme dissimuler des meurtres ou les exécuter lui-même avant de les mettre en scène pour qu'il n'y ait pas de suite... En se mettant au service de Billy Jones, il a emmené dans ses forfaits Eddie Winter et Philip O'Connor qui servaient sous ses ordres et avec qui il avait noué des relations amicales au-delà du rapport professionnel qu'exigeait leur fonction. Ils n'avaient pas été difficile à convaincre, Joel avait toujours su trouver les arguments dans son boulot, et il ne lui avait pas été difficile de persuader les autres de faire des « à côtés » ou des « petites entraves » à leur vocation. Frank Lewis et Mike Morrison avaient déjà été corrompus depuis longtemps et n'avaient fait que rejoindre « l'équipe ». Et puis, de petits crimes en amenant d'autres, tous s'étaient posés quelques cas de conscience mais avaient fini par les oublier bien vite tout en se trouvant des justifications toutes aussi improbables pour ce qu'ils étaient devenus. Kitning a, qui plus est, un énorme défaut : il est raciste et très proche des milieux du Ku Klux Klan. Si sa femme n'était pas ainsi diminuée par sa maladie, il se serait sans doute plus investi auprès du KKK, surtout depuis la recrudescence de zombies qu'il pense devoir aux immigrés et aux autres minorités
Au physique, l'inspecteur Kitning est encore vert : il est en excellente forme physique, grand et puissant et conserve une fière allure qui lui apporte beaucoup de succès auprès des femmes mais lui permet également d'impressionner ses collègues. Sa carrure est également imposante. Il a clairement un profil de meneur d'hommes et, s'il préfère la manière douce généralement, ses ordres ne souffrent aucune remise en question. Il a les cheveux noirs, coiffés courts et perpétuellement soignés, les yeux bleus et le sourire difficile. Il garde une légère cicatrice au dessus de l'arcade sourcilière des suites d'une mauvaise rencontre dans ses premières années de service. Depuis un certain temps, il se rase moins cependant et arbore toujours une barbe naissante, des cernes ont envahis son visage et lui donnent un aspect plus sinistre, vieillissant et soucieux, diraient certains.


Eddie Winter s'est toujours considéré comme le second de Kitning. Il lui doit beaucoup, ce dernier l'a formé et a toujours eu une relation assez paternelle vis-à-vis de lui. De fait, Winter a rapidement gravi les échelons pour devenir lieutenant. Il a actuellement 27 ans et fait plus jeune. Si ses qualités n'étaient pas reconnus par toute la profession, il passerait encore pour un gamin ou une jeune recrue. Lorsque Kitning le confronta à un choix en tentant de le corrompre et de le faire travailler pour Billy Jones, Winter hésita beaucoup... mais finit par accepter, par conformisme : il avait toujours suivi l'exemple de l'inspecteur Kitning et avait vite réalisé qu'il était plus attiré par la personnalité de celui-ci que par la profession en tant que telle. Eddie est donc resté l'homme de confiance de Joel et exécute la plupart des tâches à la place de celui-ci. Il ne se pose plus trop de questions désormais, considérant qu'il a fait son choix il y a longtemps et que les choix doivent être suivis jusqu'au bout. Seul un revirement de Kitning pourrait désormais le faire revenir en arrière. Winter met toujours toutes ses compétences au service de la tâche qu'il exécute qu'il soit du côté de la loi ou de celle du crime. Il n'y voit plus aucune différence, pour lui c'est simplement son boulot. Il reçoit des ordres et les exécute au mieux, c'est à dire toujours de manière excellente. Il se dit au delà du bien et du mal désormais et considère qu'il ne fait que jouer avec la balance... n'est ce pas le symbole de lady justice après tout?
Physiquement, Winter paraît plus jeune que son âge, il est grand et sec, fin et athlétique. Il se peigne du mieux qu'il peut mais ses cheveux reviennent systématiquement en bataille dès qu'il se concentre sur la moindre action. Et il est souvent concentré. Il a les cheveux châtains et les yeux ambrés, et, tout en ayant une certaine beauté, n'attire aucunement la gent féminine. Par contre, il est reconnu par ses collègues et sait les diriger. Il sait aussi bien donner des ordres qu'en recevoir et ceci lui paraît tout à fait naturel, comme s'il était toujours né pour évoluer dans une structure hiérarchique de ce type.


Mike Morrison est entré au service de Fugazzi très peu de temps après avoir obtenu son concours de police. Il a été témoin d'une affaire « sérieuse » suite à laquelle on lui a promis un récompense s'il se taisait et réussissait à maquiller la scène tout en rapportant à ses supérieurs une version toute différente des faits. Morrison, craignant pour sa vie et alléché par la récompense promise, accepta et s'exécuta sans qu'on ait à beaucoup le forcer. Après avoir obtenu sa récompense, il se dit qu'il travaillait pour le mauvais côté et que le crime payait bien plus que ce qu'on lui avait dit à l'école de police. C'est lui qui prit l'initiative de recontacter les hommes de Fugazzi pour entrer au service de celui-ci, moyennant finance. Il se montra suffisamment convaincant car Fugazzi, après avoir vérifié la fiabilité de l'homme et lui avoir fait passer plusieurs tests de loyauté, aima suffisamment son culot pour l'embaucher sur de petits boulots tout d'abord puis sur des affaires un peu plus sérieuses, mais sans jamais lui faire accéder aux affaires de confiance. Morrison fut satisfait de cela et ne chercha même pas à gravir les échelons de l'organisation après la mort de Fugazzi et la prise de pouvoir par Billy Jones. Il se contenta de garder son emploi de policier, plus une couverture assez ironique qu'autre chose selon lui, et d'œuvrer pour l'argent au sein de l'organisation mafieuse. Il n'a jamais eu le moindre remords depuis et fait office à la fois d'indic policier (le monde à l'envers en quelque sorte), de gros bras et de recours pour maquiller des affaires compromettantes qui viendraient à être mis au jour.
Mike est un géant pour l'époque puisqu'il mesure un peu plus d'un mètre quatre-vingt quinze. Il est bâti comme une véritable armoire à glace et peu intimider n'importe qui par sa stature. Cependant, il s'est un peu reposé sur ses attributs naturels sans pour autant les entretenir et commence à afficher une certaine bedaine. Malgré cela, c'est encore un très bon boxeur qui a remporté quelques prix avant de rentrer à l'école de police. Son principal défaut est sa lenteur mais il compense largement par sa puissance de frappe et son allonge. Ces attributs sont plutôt appréciés par les gangsters qui l'emploient mais il n'a jamais réussi à véritablement gagner leur respect. Il est davantage considéré comme un bon outil qu'autre chose. Il le sait et ça ne heurte pas le moins du monde sa sensibilité, du moment que personne n'ose le lui dire en face. Mike n'est pas idiot mais pas très réfléchi, trop impulsif et incapable d'élaborer de véritables plans. Malgré cela, il est d'une loyauté sans faille envers l'organisation de Billy Jones. Tout ce qui l'intéresse est de mener sa petite vie et de profiter de l'organisation pour amasser le maximum d'argent. Il est sans scrupule et prend même plaisir désormais à être du mauvais côté de la barrière, il peut être violent et sadique si on ne l'arrête pas et a de plus un penchant un peu trop prononcé pour l'alcool et les femmes. Son visage est assez abîmé : plusieurs petites cicatrices le parcourent même si elles sont moins visibles que son nez cassé à plusieurs reprises. Il a des cheveux noirs courts et souvent gras, ainsi qu'une mâchoire enfoncée à la dentition plutôt imparfaite dès l'origine et qui ne s'est pas améliorée avec les coups reçus... On ne peut pas dire que ce soit le nouveau Don Juan de Chicago mais il compense largement par la peur qu'il peut inspirer aux autres. Seuls Kitning et Winter savent le remettre facilement en place depuis qu'il a été assigné à leur « équipe » mais tous les autres -policiers comme mafiosi- ont des problèmes d'autorité avec lui.


Franck Lewis est certainement le parfait contraire de Mike Morrison. Légèrement petit et pas très costaud, il est entré de justesse dans la police et le doit avant tout à son esprit fin et à sa grande logique criminelle. Il possède un excellent sens de la déduction et est doué d'un très bon flair pour trouver les indices susceptibles de mettre ses collègues sur une piste. De plus, il est à la pointe de la modernité concernant les nouvelles méthodes d'investigation et peut être considéré comme un précurseur de ce qui deviendra la police scientifique : il se tient au courant de toute méthode émergente et a des base de psychologie. Cependant, et malgré ses excellentes capacités, Mike n'a jamais pu dépasser le grade de sergent. Trop timide pour s'affirmer, il se faisait souvent voler la vedette par certains de ses collègues qui s'attribuaient ses investigations. C'est ce qui a fini par le conduire au sein de l'organisation de Fugazzi puis de Billy jones. Alors qu'il était dégoûté de son absence de progression dans la police et qu'il allait démissionner, Fugazzi entra directement en contact avec lui et lui proposa de travailler pour lui. Il avait entendu parler de ses compétences et connaissait la vérité sur sa situation au sein de la police. Il lui proposa de rester au sein de la police de Chicago et de se servir de ses compétences pour mettre ses collègues sur de fausses pistes dès lors qu'ils s'approchaient trop des affaires de Fugazzi. Franck accepta avant même de savoir combien il toucherait, ce nouveau défi lui apparaissant tout à la fois comme une revanche sur ses anciens collègues et comme un moyen jubilatoire d'exploiter ses compétences en trouvant à chaque fois un moyen de déjouer les méthodes d'investigation de policiers plus haut gradés que lui. Fugazzi fut étonné de cet enthousiasme et menaça cependant Lewis et sa famille en lui annonçant qu'il avait déjà des hommes dans la place qui le surveilleraient et qui rapporteraient tout geste suspect. Mais Lewis s'avéra un homme de confiance, un génie du crime en puissance qui se satisfaisait de sa supériorité intellectuelle sur ses anciens collègues, ceux qui l'avaient si souvent brimés. La seule chose qui déplut à Lewis est qu'il se retrouva, après que Fugazzi soit sûr de sa fidélité, en présence de Mike Morrison. Il ne fut pas tant étonné de retrouver celui-ci dans l'organisation de Fugazzi mais fut plutôt blessé qu'on voulut associer sa subtilité à la lourdeur de ce type, d'autant que Mike ne s'était jamais montré tendre avec lui au sein de la police. Curieusement, leur relation se passa plutôt bien tant que Lewis n'essayait pas de donner des ordres à Mike. Ce dernier était bien plus « sérieux » dans l'organisation criminelle qu'il ne pouvait l'être dans un commissariat. L'alliance de la force de Morrison et de l'intelligence de Lewis fit merveille sur le terrain et leur efficacité grandit encore avec l'arrivée de l'inspecteur Kitning à leur tête.
Lewis est le plus petit de la bande et le moins puissant, il porte en permanence de petites lunettes et sait se montrer très discret quand il le faut. Il est roux et porte pas mal de tâches de rousseurs mais c'est malgré tout un bel homme,élégant et cultivé. Il connaît son intelligence et apprécie être reconnu pour ses compétences. Il n'aime rien tant que de se prouver sa supériorité sur ceux qui lui ont volé les promotions qui lui étaient dues. Cela l'a rendu très rancunier, mesquin et parfois cruel. Il est d'un méthodisme froid, capable de découvrir tout indice et de l'effacer avant l'arrivée de la police. Il est capable de remettre totalement en scène un crime pour mener ses anciens collègues sur des pistes ubuesques qui conduiront à clore l'affaire. Il réfléchit alors comme un véritable joueur d'échec ayant toujours plusieurs coups d'avance sur les enquêteurs. Depuis un certain temps, il nourrit cependant une espèce de fascination macabre pour les scènes de meurtre et commence à avoir le profil psychologique du parfait serial-killer. Il hait les zombies pour leur meurtre grossier et refusera toujours de maquiller une scène de crime en attaque de zombie. Ce serait indigne de son art selon lui.


Philip O'Connor était le meilleur ami d'Eddie Winter. Ils ont passé le concours ensemble et l'ont obtenu la même année, mais là où Winter était terriblement compétent, Philip était tout au plus médiocre. Avec l'aide d'Eddie et de Kitling il s'est quand même élevé au rang de sergent. Il allait d'ailleurs bientôt passer lieutenant. O'Connor a suivi Kitling et Winter lorsqu'ils ont rejoint Fugazzi, essentiellement par appât du gain et pour pouvoir assouvir impunément son penchant pour l'alcool. On boit bien mieux chez les gangsters qu'au sein de la police, bien évidemment. O'Connor faisait office de main d'oeuvre pour Kitling et Winter, ne refusant jamais les tâches les plus ingrates et n'ayant aucun remords à se salir les mains. Tuer ne lui posait aucun problème de conscience, que ce soit du côté de la loi (où il était déjà réputé pour avoir la gâchette facile) ou du côté des criminels. Il était relativement arrogant depuis qu'il formait une véritable équipe avec les cinq autres. Il se sentait protégé par leurs compétences. Philip, lui, n'était qu'une bonne moyenne, un simple exécuteur qui se sentait redevable envers Winter et aimait amasser énormément d'argent pour le perdre ensuite en compagnie de celui-ci lors de longues parties de poker dans des bars clandestins. Par contre, O'Connor était souvent en conflit avec Morrison, qu'il trouvait trop brutal, mais il craignait trop les poings de ce dernier pour se risquer à une véritable dispute, mano à mano. Bizarrement, O'Connor était aussi l'un des seuls à voir que Lewis semblait commencer à tourner du chapeau mais il ne s'en inquiétait pas plus que ça et savait que ce dernier était bien trop intelligent pour faire courir le moindre risque au groupe. Philip O'Connor était dans tous les cas un dilettante et un jouisseur, il riait de tout et prenait les choses comme elles venaient en essayant d'en tirer le maximum de profit et de plaisir. C'est d'ailleurs pour satisfaire à tous ses plaisirs -certains diraient ses vices- que Philip ne regretta jamais d'être passé de l'autre côté de la loi. Sauf lors de leur dernière exaction ou plutôt après avoir compris les conséquences de celles-ci.

En effet, alors que leur patron leur avait fourni une mission de nettoyage dans laquelle ils devaient effacer les preuves d'un assassinat commis dans un entrepôt portuaire avant qu'on ne contacte la « vraie » police, les cinq hommes furent surpris, sans les repérer, par un jeune couple qui utilisait sans doute l'entrepôt comme lieu de rendez-vous. Alors qu'ils s'apprêtaient à partir en en ayant déjà trop vu, ils heurtèrent une bouteille qui attira l'attention des cinq hommes. Malgré leur fuite, ils furent vite rattraper. Dans pareil cas, les cinq policiers savaient qu'il ne leur restait qu'à tuer les témoins. C'était la seule solution. Mais dans ce cas précis, cela tourna au carnage et laissa la bestialité cachée ou naissante de chacun des membres de l'équipe éclater réellement. Si Kitning tenait habituellement ses hommes et refusait tout débordement, cette fois il ne contrôla rien du tout et fut même à l'origine du massacre : la fille, blanche, se fourvoyait avec un jeune amérindien, qui, pour Kitning n'avait clairement aucun droit de quitter sa réserve pour voler sur leur territoire une fille de blanc. Il ordonna à ses hommes de les tuer mais de leur faire comprendre avant tout ce qu'il en coûtait de vouloir souiller la race blanche. L'amérindien fut tabassé et roué de coups devant la fille qui hurlait un peu trop aux yeux de Lewis. Celui-ci lui arracha la langue, « pour ne pas attirer l'attention, elle faisait trop de boucan » dit-il à ses collègues. Winter et Kitning s'étaient détournés, mais cela interloqua les deux autres qui finirent malgré tout par en rire. L'amérindien fut ensuite maintenu par Winter et Lewis pendant que la fille était violée successivement par Morrison et O'Connor. L'amérindien tentait de hurler malgré une mâchoire cassée et se débattit tant et si bien que Winter finit par lui déboîter involontairement l'épaule. Alors que l'indien semblait puiser ses dernières forces pour se débarrasser du poids de Lewis et Winter, celui-ci ne prit aucun risque et l'abattit de deux balles dans le cœur devant sa fiancée en pleurs et incapable de bouger. C'est alors que Kitning arriva pour faire cesser le massacre, il prononça des paroles vindicatives à l'intention de la fille voulant lui faire comprendre que c'était simplement les conséquences de leur union interdite puis il l'acheva d'une balle dans la tête. Morrison et O'Connor se rhabillaient et prirent conscience de la scène, de même que les autres. Ils avaient exécutés les ordres de Kitning mais n'étaient plus bien sûr de ce qu'ils venaient exactement de faire. Lewis regarda avec fascination la scène et indiqua seulement qu'il ne pourrait maquiller ça. Il fallait se débarrasser des corps. Il ferait en sorte que les enquêteurs se focalisent sur l'assassinat qu'ils étaient venus maquiller. Les cinq hommes finirent de maquiller l'assassinat et de créer des fausses pistes. Ils nettoyèrent ensuite leur forfait et emmenèrent les cadavres des deux jeunes gens à un endroit du port suffisamment profond et éloigné pour les lester et s'en débarrasser. Cela ne posa pas de problème : il les dépouillèrent de tous leurs vêtements puis, après les avoir jeté par dessus bord, observèrent longuement l'endroit où les corps s'étaient enfoncés dans la mer. Ils revinrent sur la terre ferme dans un silence mortuaire, chacun en tête-à-tête avec sa conscience. Ils se changèrent, s'occupèrent des derniers détails, puis regagnèrent leurs demeures respectives. Winter fut chargé de brûler leurs vêtements ainsi que ceux de leurs victimes. Il s'exécuta comme à son habitude, il ne prit pas l'argent contenu dans le seul porte-feuille du couple mais ne put s'empêcher de lire le nom qu'il trouva sur les papiers qu'il contenait : Mary-lou Winkinson. L'indien, lui, ne portait aucun papier qui aurait permis de l'identifier.

Un mois passa et l'affaire fut oubliée, jusqu'au jour où Kitning et Winter durent se rendre sur une scène de meurtre concernant leur collègue Philip O'Connor. Celui-ci fut retrouvé prêt d'immeubles en construction, le corps enserré dans des barbelés, comme suspendu à à peine un mètre du sol, les plaies béantes, le corps ruisselant de sang séché, échappé d'un cou soulagé d'une tête qui avait vraisemblablement roulé en contrebas. Peu d'indices furent découverts sur les lieux de ce crime barbare, mais l'un était personnellement dédié à faire écho dans l'esprit de Winter, et de ses collègues crapuleux : dans la bouche d'O'Connor fut en effet découvert un petit mot maculé de sang mais dont l'inscription laconique restait parfaitement lisible : il était simplement écrit « remember Mary-lou ». Les policiers conclurent donc au règlement de compte mais Winter comprit qu'une vendetta venait d'être initiée et qu'ils en seraient les tout premiers concernés...


Enyento et Mary-lou Winkinson s'étaient connus très jeunes, le père de Mary-Lou travaillant auprès de la réserve indienne de la tribu d'Enyento. Passant une bonne partie de leur enfance ensemble, c'était tout naturellement qu'ils étaient tombés amoureux à l'adolescence avant de commencer à se fréquenter réellement dès l'âge adulte atteint. Le père de Mary-lou, s'il avait un réel respect pour les natifs, s'opposait à ce que sa fille s'enamoure d'un indien, craignant le poids des préjugés de l'époque et espérant un meilleur parti pour elle. Si Mary-Lou se savait destinée à un notable de Chicago, et s'y était plus ou moins résignée, elle continua à voir Enyento dès qu'elle pouvait s'éclipser de la demeure familiale, et ceci jusqu'à sa rencontre fatale avec les hommes de l'inspecteur Kitning.
Peu après que ces derniers les aient plongés dans les eaux sombres du port, Enyento reprit conscience et se débattit tout d'abord pour essayer de se détacher du lest croyant suffoquer sous l'eau. Mais il n'y parvint pas, et la panique passée, s'aperçut qu'il ne se noyait pas. Il finit par s'attaquer au lest de manière méthodique et s'en détacha pour rejoindre le corps sans vie de Mary-Lou. Il la ramena également à la surface, attendit la nuit sous les pilotis puis remonta sur le port où il rejoint un entrepôt, se sécha, « emprunta » des vêtements pour se vêtir et recouvrir le corps de Mary-Lou. Il pleura la mort de celle-ci et confia son âme aux esprits. Puis il resta recroquevillé sur lui-même, de longs instants, en position fœtale, comme en transe, comprenant peu à peu ce qui lui était arrivé, passant ses doigts dans les deux orifices de sa poitrine, remettant, dans un cri réflexe mais sans aucune douleur, sa mâchoire en place. Il avait entendu parlé des zombies de la ville mais n'en avait jamais vu, aucun membre de sa tribu n'était jamais revenu -physiquement parlant- d'entre les morts. Il se demanda comment il avait pu être contaminé, mais ne trouva pas de réponse : peut-être était-ce lors d'une des nombreuses rixes auxquelles il avait été confronté dans les ruelles de Chicago quand il essayait de rejoindre Mary-Lou? Peut-être était-ce dû au mauvais alcool frelaté qu'il avait parfois réussi à se procurer? Toujours était-il qu'il était devenu un mort-vivant, incapable de rejoindre les esprits de ses ancêtres. Il se fascina de son absence de douleur mais la faim commença à le tirailler, et même s'il la repoussa un long moment, il ne put s'empêcher de se nourrir du corps de sa bien-aimée. Lorsqu'il constata ce qu'il venait de faire, il fut pris de soubresauts qui le firent presque vomir et fut dégoûté de ce qu'il était devenu. Il pleura encore le corps de Mary-Lou avant de délirer aux frontières de la folie. Lorsqu'il parvint à nouveau à se contrôler, il s'était mis dans l'esprit qu'il s'était nourri des forces de Mary-Lou comme d'anciennes légendes indiennes le préconisaient et qu'il avait été ramené par ses esprits tutélaires pour venger leur meurtre. Il décida qu'une fois qu'il aurait rétabli la balance, il se brûlerait pour rejoindre enfin ses ancêtres et accéder peut-être au royaume spirituel. Il n'y aurait aucun mal, son absence totale de douleur lui conférant une mort douce et salvatrice. Il fit de même pour le corps de Mary-Lou en mettant le feu à l'entrepôt et en lui adressant une dernière prière. Il laissa enfin le port derrière lui pour se trouver un refuge et préparer sa vengeance. Après un mois de recherche, il avait retrouvé la trace de leurs bourreaux, nettoyant au passage Chicago des quelques « blancs » qu'il avait rencontré et qui avaient voulu l'agresser lors de ses pérégrinations citadines. Il fila O'Connor, l'un de ceux qui avait si lâchement et si sauvagement profité de Mary-Lou. La filature se changea en traque lorsque O'Connor se rendit compte qu'il était suivi, Enyento le pressant sciemment vers un lieu désaffecté qu'il avait précédemment exploré et qu'il savait désert. Lorsqu'Enyento fondit enfin sur sa victime, il encaissa à nouveau deux balles avant de l'assommer. Enyento parcourut avec le sourire ses nouvelles plaies dont il ne ressentait pas la meurtrissure. Il ramassa le corps du policier, se débarrassa de l'arme à feu, et le conduisit à l'intérieur d'un immeuble en construction. Enyento réveilla sa victime en le projetant plusieurs fois sur les barbelés qui entouraient une zone réservée de l'immeuble, le rattrapant à chaque fois que celui-ci tentait de s'échapper tel un chat jouant avec sa proie. Il savoura la mise à mort et l'expression de perplexité sur le visage d'O'Connor qui l'avait reconnu. Il savoura aussi les supplications et les pleurs de sa victime, sans lui adresser jamais la parole. Lorsque celui-ci s'évanouit enfin, Enyento le suspendit aux barbelés, soignant sa mise en scène macabre. Il attendit à nouveau le réveil de son jouet, se glissa derrière O'connor qui n'avait même plus la force de se débattre et lui ordonna doucement à l'oreille de se souvenir de Mary-Lou... C'est alors qu'il l'acheva de son poignard, lui tranchant la gorge doucement avec l'intention claire de le décapiter afin d'éviter toute éventuelle « résurrection ». Une fois terminé, couvert de sang, Enyento sortit de ses poches l'un des cinq petits papiers qu'il avait préparé et l'enfonça avec satisfaction dans la bouche du premier à avoir subi sa vengeance... puis, il se couvrit de l'imperméable qu'il avait préalablement emporté, et s'enfonça dans les profondeurs de la ville, pensant déjà à sa prochaine victime et à sa propre fin, toute proche, au cœur des flammes.

Cependant, depuis que sa vendetta a commencé, Enyento n'est pas recherché que par la police ou ses quatre victimes restantes. Il a également attiré l'attention de Ghostface qui s'interroge sur ce nouveau vengeur et, n'ayant pas encore décidé ce qu'il allait faire après la mort de Fugazzi, aimerait inviter un zombie tel qu'Enyento à rejoindre ses rangs pour l'aider dans sa prochaine croisade...

2 commentaires:

  1. GREETINGS!

    L'histoire m'a fait penser à la Strike Team de Vic Mc Key, de la série the Shield...

    Du violent, du vilain, du pas beau! J'aime beaucoup!

    Le Tueur

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  2. En fait, l'inspi assuméê, c'est The Crow, la bd de James O'barr qui est un pur chef d'oeuvre et m'a accompagné une bonne partie de mon lycée. Je sais pas pourquoi, je "ressentais" cette bd.
    Le film avec B.Lee est bon aussi.
    Celui avec V.Perez n'a que son esthétique stylisée comme avantage.
    J'ai pas vu les autres, j'ai préféré m'arrêter là, City of angels m'ayant déjà pas mal déçu sur bien des aspects.Jamais regardé la série The crow non plus (avec l'acteur du Pacte des loups), mais ça doit être bien pourri.
    Reste que la Bd de J.O. Barr est un must et que j'ai eu envie, en écrivant ces pnjs, de retranscrire un peu l'ambiance crade/désespérée et romantico-tragique qu'on retrouve dans The Crow.

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